Ma main posée sur le rebord de ma vie.
Sur le point de tout gâcher.
Le vent hurle à mes oreilles ses terribles cris.
La pluie fouette mes épaules éhontées.
La tristesse me fait vaciller.
Mes pieds, sur le vide sont posés.
Le soleil apparaît,
Réchauffe pour un instant mon visage défait
Mes larmes continuent de couler
Et de se mêler au fleuve en contrebas,
Déjà rempli des larmes de tant d'autres éplorés
Qui avant moi, se sont libérés à cet endroit.
Au loin, murmurent les voitures.
Hurlant de leur moteur puissant
Sur les rues pavées devant les masures.
Le monde continue son cours, lancinant.
Séparée de moi par cette souffrance qui m'assaille.
Par la perte qui broie mes entrailles,
M'a emmené à venir dans ce lieu
Et à monter sur cette rambarde, sentencieux.
Mes derniers jours me reviennent en tête.
Cet accident qui me l'a emportée.
La douleur qui prend mon cerveau d'ascète
Dans ses froides mains il est étranglé.
Les nuits semblaient les journées,
Peuplées des fantômes de mon aimée.
La voyant de toute part, dans les environs,
Au coin d'une rue, derrière la maison.
C'est cette folles agressive !
Qui me l'a prise, trop tôt, un matin.
Sa vitesse était excessive.
Elle ne tenait son volant que d'une main.
Et cet enfant qui jouait comme de rien ?
Ma chérie voulait juste lui sauver la vie.
Mais pensez-vous qu'il se soit rendu compte du destin
Dont elle l'avait tiré malgré lui ?
Aujourd'hui, il joue encore au ballon.
Dans la cours de son école, il a oublié la raison
Qui l'a amené ce jour-là à traverser la route
Et à mettre sa vie en déroute.
Alors maintenant le vide m'appelle.
Il me dit m'y jeter avec ardeur.
D'ouvrir grand mes ailes
Parties en lambeaux pour l'heure.
La tristesse est trop dure.
Je dois rejoindre les ordures.
En finir avec cette vie
Dont maintenant je n'ai plus envie.
Il est l'heure maintenant.
Avant que la ville ne m'atteigne
Et que le pont soit parcouru de passants.
Il est temps que je m'éteigne.
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L'argent a moins de valeur qu'un merci avec le sourire
